Regarde maman, sans les dents !

Hello ma Cacahuète !
Comment se déroule cette nouvelle semaine dans ta vie bien remplie ?
Moi j’ai encore effectué un séjour de quelques heures aux urgences.
Et c’est même pas pour l’abonnée habituelle !

Petite mais costo !

De toutes mes pépites, il en est une dont je ne t’ai pas encore beaucoup parlé, et d’ailleurs elle s’en est plainte, limite à en faire une bouderie.
Ah non, elle a boudé !

C’est ma pépite mini oursonne, qui a hérité du caractère patient et entier de son Ours de père.
Jusque-là plus effacée que ses sœurs, elle a décidé depuis quelques temps de se faire entendre, au point même qu’on entende plus qu’elle.
Enfin, quand ses sœurs ont fini de crier et de se battre.

Bref !

Toujours est-il qu’elle a dû considérer qu’on ne prêtait pas assez attention à elle, et a décidé de rectifier le tir avec pertes et fracas, façon… Pépite de Cacahuète !

En réalité, ce n’est pas la 1ère fois qu’elle nous fait une frayeur.
Elle avait déjà essayé le saut de cheval atterrissage sur la tête, pile la veille
de mes 40 ans.
Mais l’infarctus qu’elle a provoqué à sa mono favorite et les heures de thérapie que cette dernière a sans doute dû subir pour ne plus en faire de cauchemars, m’ont fait passer l’envie d’en rire.

Toujours est-il qu’elle n’avait pas eu son article à elle !
Alors dimanche, quand en maman solo lâchement abandonnée par un Ours convalescent parti se refaire une santé houblonnée au pays où tout roucoule, je décide d’emmener mes Pépites au Skate Parc, comme elles me le réclamaient depuis des mois, ma mini oursonne y a vu une occasion idéale pour se démarquer de ses Pépites de sœurs !

Personnellement, j’aurais préféré qu’elle le fasse à la mode Taig Khris avec des figures acrobatiques sauce Waouh !, mais elle a choisi une méthode beaucoup plus Cacahuètesque, tu t’en doutes bien !
La scène ?

Le Skate Parc, la trottinette, Miss Nana dessus, la trottinette qui s’arrête net mais pas ma Pépite qui fait un vol plané et atterri… sur les dents !
Oui oui ! Aïe !

Surtout que pour le coup, elle ne s’est vraiment pas ratée !
Direction donc les urgences, celle qui ont un dossier sur Louloulou l’ado, long comme un bandage de plâtre pas encore moulé, mais rien sur ma douce Nana !

Je te passe les 4 longues heures d’attente, la radio du coude et tout ce qui s’en suit, tout ça pour que le verdict soit posé en à peine 30 secondes : « vous pouvez rentrer chez vous, elle n’a rien ! »

Comment ça elle n’a rien ? Vous avez vu sa bouche ? Vous êtes sérieux ?
Y A UN TROU LÀ, À LA PLACE DE SA DENT !!!
« Ben oui mais on ne fait pas les urgences dentaire Madame ! Pour ça faudra voir votre dentiste ! »

La faute à qui ?

4h pour entendre ça ? 4h à gérer la douleur de ma Pépite, le stress de sa jumelle, les soupirs exagérés de l’ado qui s’ennuie (ben oui c’est moins drôle quand c’est pas pour elle) et ma culpabilité de maman !

De toute façon, c’est la faute de l’Ours !
D’abord il n’avait qu’à être là et ensuite il ne voulait pas de garçons parce que ça finit toujours aux urgences.
Résultat, il n’a eu que des filles… qui finissent aux urgences !
Elles ne pouvaient pas tenir un peu de moi sur ce coup-là sérieux ?

Quoi ? Qu’est-ce qu’elle dit la petite voix à côté de mon oreille ?
D’où vient… quoi ? La cicatrice dans mon sourcil ??!!

Je ne vois pas de quoi tu veux parler ?
Et d’abord, j’étais petite, dernière année de maternelle, y a prescription !
Et puis c’est le banc qui m’a sauté dessus pendant que je tournais.

Quoi encore ? Quoi « mes doigts » ?
Oui, j’ai passé quelques heures dans les salles d’attente des urgences pour diverses entorses.
Mais c’était une autre époque ! Et à cause du basket !

Mais quoi encore ? Les abeilles ? Oui, et ben quoi ?
Allergie en pleine rando en très très haute montagne, fièvre, allergie au traitement…

Oui bon ça va j’ai compris !
J’ai ma part de responsabilités.
Mais n’empêche que moi, je ne me suis pas cassé le petit orteil en faisant du roller !
Non mais oh !

Toujours est-il que ma Nana est quitte pour faire un séjour chez la dentiste.
Histoire de ne plus être la petite vampirette qui la fait rire quand elle se regarde dans le miroir.

Et en Cacahuète pas super rassurée, je vais exceptionnellement les confier à mes arachides préférées, histoire que mon Papa qui m’accompagnait aux urgences les dimanches après-midi, puisse chouchouter ma Pépite gravement défigurée.
Histoire de se rappeler à quel point elle ressemble à sa Cacahuète de mère !

Mais je te garantie que dès sa descente d’avion, Monsieur Ours va devoir récupérer et gérer son patrimoine génétique hautement dangereux !
Et c’est peut-être moi qui vais choisir une destination al dente de plusieurs jours en solo, histoire de souffler un peu !!!

Il n’y a pas de manuel pour ça

Bien sûr on ne peut pas passer toute notre vie derrière eux à surveiller qu’ils ne trébuchent pas sur un obstacle de la vie trop grand pour eux.
On voudrait pouvoir les protéger de tous les dangers, mais on sait pertinemment que ce n’est pas possible, d’autant plus lorsqu’on a plusieurs spécimens à gérer en même temps.

Difficile aussi de leur laisser une totale liberté tout en sachant qu’ils tomberont et auront besoin de nous.
Ce n’est pas non plus leur rendre service que de les laisser tout faire.
À moins de vouloir retrouver notre maison en feu et le chat dans le lave-vaisselle.

Mais alors, quel est le juste milieu ? Jusqu’où doit-on leur tenir la main pour les accompagner ?
Personne ne rêve d’avoir des Tanguy à la maison, mais personne ne veut non plus d’un Baby Boss trop vite indépendant.

C’est bien là que réside tout le fragile équilibre de notre rôle de parent.
On voudrait les voir plein de vie et d’énergie, mais leurs péripéties nous fatiguent et on réclame du calme.
On s’inquiète de ne plus les entendre, tout en rêvant qu’ils jouent calmement dans leur chambre.

Si on m’avait dit qu’être parents relevait de la bipolarité…
Et même pas sûr qu’il y ait assez de place en institut spécialisé pour tous les parents.
C’est d’ailleurs pour ça que l’école a été inventée : Pour confier à d’autres nos enfants quelques heures par jour le temps d’aller soigner nos troubles parentaux dans un lieu appelé « travail ».
Non ? C’est pas ça ! Vous êtes sûrs ?

Blague à part, être parent est sans doute le métier le plus difficile au monde, et je ne pense pas qu’on puisse un jour s’arrêter de s’inquiéter pour nos Pépites.
Même si on ne le leur montre pas toujours, notre instinct protecteur est bien présent, quitte à parfois le mettre en sourdine pour leur permettre de grandir sereinement.

Je n’imagine même pas ce que ce sera quand elles prendront le volant.
Je me vois bien comme dans la pub pour Volkswagen, où le papa remercie la voiture d’avoir un système de freinage d’urgence autonome…
À bien y regarder, mes pépites me font assez penser à son garçon maladroit…

Mais n’y pensons pas, j’ai encore quelques mois devant moi pour ça !
En attendant, je vais aller les regarder dormir.
C’est encore le seul moment où je peux être apaisée de les voir si sereines et si calmes, et où je ne risque pas de finir aux urgences.
Quoi que…

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