Mais sinon ça va !

“- Il y a une latence, une espèce de fatigue passagère profonde.
Comme un besoin de couper, de se reposer.
Déconnecter du monde extérieur, se retrouver comme dans ces images d’Epinal moderne, au bord d’un ponton sur un lac, emmitouflée dans du pilou-pilou, un verre de café à la main, un soleil impeccable dans le ciel… »

« – Alors d’abord j’aime pas le pilou-pilou et en plus j’aime encore moins le froid !!
Mais l’idée est tentante. »(soupir)

« Et là tout droit sorti d’un film, un bûcheron avec sa chemise à carreaux qui déclare sa flamme et la vie est belle, il neige, c’est le bonheur et les petits oiseaux font des batailles de boules de neige… »

« – Euh… y a pas un bug là ? Ah si ! Mais en même temps on ne vit pas dans un film et moi mon bûcheron n’a pas de chemise à carreaux, ouf !
Nan, il a un débardeur à carreaux ! Pour la vanne !”

Et sinon, quand les 12 moi-même dans ma tête se taisent, ça donne quoi ?
Rien ! Elles ne se taisent jamais !
Et je n’ai même pas le droit de choisir qui parle et qui se tait.

Oh le beau bordel !!!

Mais sinon je vais bien ! Pour de vrai. 
Pas à la façon de Dany Boon dans son sketch.
Un vrai “ça va bien”. 

Je crois que je suis juste un peu épuisée des semaines doubles et des week-end à la bougie d’anniversaire de la chandeleur au rhum arrangé en équilibre sur un cheval en BMX.

As-tu déjà essayé de cohabiter avec plein de mini toi ayant chacune une partie de ton tempérament mais de façon exacerbée sous hormones ?
Chacune prenant le contrôle à sa guise, sans prendre connaissance des consignes laissées par la précédente bien sûr ! Ben non, sinon ce serait trop logique.
Un peu à la façon de “Vice-Versa” mais puissance 10 000…

Enfin là, en version multiple de 12.

Et au milieu de tout ça une pompom girl désoeuvrée, qui attend les bonnes nouvelles pour exercer son art.
La pauvre, en ce moment elle n’est pas à la fête avec une rupture des ligaments de la motivation et une déchirure du temps de repos suffisant.
Mais elle en profite pour mettre quelques fils d’or dans ses pompons en espérant la super bonne nouvelle annoncée mais qui se fait désirer : mon indépendance professionnelle.

Elle y croit, on y croit, ils y croient… enfin eux beaucoup plus que moi ! Enfin disons que j’attends d’être sûre pour faire faire des saltos à ma pompom girl…

N’empêche qu’en attendant, c’est un grand bordel dans ma tête !!!!
Je n’ose même pas imaginer ce que ça a dû être que d’essayer de m’éduquer…
Mes pauvres parents !

Il en ressort un très grand respect pour la patience dont ils font preuve.
De la tolérance aussi, parce que je n’ai pas toujours été aussi géniale qu’aujourd’hui.

Oui, bon ok, on peut rêver un peu.

C’est peut-être ce qui fait qu’aujourd’hui, ils sont sans doute les personnes pour qui j’ai le plus de respect et d’affection.
On dit que les enfants sont parfois durs entre eux, mais je pense que sous couvert d’être aimé de façon inconditionnelle par ses parents, on s’autorise une sorte de moquerie et de vanne facile, le tout teinté d’amour bien sûr, mais sans que nous ne réalisions à quel point on peut aussi oublier de leur dire qu’on les aime.

J’ai essayé de retranscrire cet amour dans les liens qu’ils ont tissés avec mes Pépites, et même si certaines sont absentes, je sais qu’elles leur ont rendu ce que eux m’avaient donné.
Je suis sans doute une rare chanceuse à avoir des parents comme eux. 

Et si aujourd’hui, j’ai une très grande marge de tolérance envers les vannes plus que douteuses de Miss Nanana la Licorne Petit Boulet, c’est aussi parce que je sais trop bien que c’est sa façon de me dire je t’aime.
Tout du moins je l’espère !

Le rôle de parents c’est de faire face à son enfant dans ses joies mais aussi dans ses colères parfois explosives.

Et lorsqu’on grandit, on fait tout pour ne pas leur ressembler mais au final on est bien contents d’être aussi un peu comme eux.
Je me surprends parfois à les regarder, à retrouver leurs mimiques, leurs mots, à anticiper chacune de leurs réactions, parce qu’ils n’y a pas que eux qui nous connaissent par cœur.

Et lorsque le moment de repartir arrive, il y a ces quelques minutes à discuter encore de plein de petites choses, parce que c’est notre façon d’arrêter le temps, de replonger dans notre enfance, de grappiller quelques bulles de bonheurs nostalgiques, debout dans le couloir.

Respirer encore une fois le parfum de ma mère sortant de la salle de bain le matin, voir mon père déplier son journal et l’Equipe… 

Et parce que cette fois je n’ai pas envie de le faire par des plaisanteries, je vais dire les choses avec les mots du cœur, les mêmes que ceux qu’ils m’ont adressés un jour : papa et maman, je vous embrasse comme je vous aime : à l’infini.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *