Les bourreaux silencieux du corps

Aujourd’hui ma Cacahuète, je te livre une part très personnelle de ma vie, de ce combat ultra personnel que je mène à son terme sous peu.
Je te reviendrai avec de nouvelles aventures très bientôt parce que ça me manque de ne plus écrire.
Mais en attendant, un petit bout de moi, à nue.

D’abord il y a cette lancinance qui s’installe, on nous dit que c’est normal au début, alors on accepte.

Puis il y a le regard des autres et les remarques « encore ? » ou « souvent », alors on se tait, on garde tout pour soi, on se dit qu’on exagère. On ne dit rien !

Les années passent ainsi. Toujours avec cette douleur silencieuse. L’esprit est plus fort que le corps, il prend le dessus, il fait taire.
La guerrière est réveillée, elle a pris les armes d’une guerre cachée qu’elle livre contre elle-même.L’entourage se sent impuissant.

On n’en parle pas ! Qui comprendrait ? C’est plus facile de parler de cul que de parler de ça !
Les paroles sont crues mais la douleur est pire.

Dans cette bataille de longue haleine il y a des pauses, ces moments magiques de la vie.
On se plait à rêver d’une vie sans douleur. Mais la réalité reprend vite le dessus. Et avec elle tout ce mal qui revient plus fort. Du moins c’est ce qu’on croit.
Alors on minimise.

Encore une fois on essaye de se convaincre qu’on se trompe, mais la réalité est telle que c’est vrai, c’est pire.

Un jour, un diagnostique est posé. On met des mots sur les maux, on souffle.Mais c’est temporaire, le bienfait n’est que mental parce que physiquement c’est toujours là, à vous broyer les entrailles.
On ressent tout ! Chaque mouvement de son corps, chaque contraction. Tout n’est que violence.

Mais le jugement des autres est pire alors encore une fois on se tait.
Encore une fois il y a l’incompréhension.
Encore une fois il y a la comparaison.
Encore une fois il y a cette douleur morale qui s’accentue.

Et comme un bourreau n’agit jamais seul, un second verdict tombe et c’est un combo de dictateurs silencieux qui prend possession de ce corps déjà affaiblit.

Mais peu importe, la guerrière est là, vaillante, combattante.
Elle dompte l’esprit et drogue le corps, elle le leurre.
Et ça marche, alors elle croit en sa victoire.

Jusqu’au jour où c’est le corps qui dit stop.

Les bourreaux ont gagné.
La guerrière a un genou à terre, elle dépose les armes et abandonne.

La lumière au bout du tunnel vient de celle qui va comprendre et dire « on arrête les souffrances inutiles et on opère ».

Enfin !
Enfin écoutée !
Enfin comprise !

Alors aujourd’hui j’accueille une dernière fois mes bourreaux silencieux, pour mieux leur dire adieu.

Dans 2 semaines ce sera la délivrance, la renaissance de ce corps meurtri et de cet esprit épuisé.

La guerrière va pouvoir ranger ses armes et se reposer.
Elle n’aura pas démérité ! 30 ans d’un combat acharné.

Une partie de l’entourage a changé en tant d’année, mais la bienveillance est toujours là.
Il y a des mains tendues qui peuvent enfin agir, des épaules sur lesquelles se reposer un instant.

Il y a surtout la fin de la guerre contre moi-même.
Toutes les douleurs ne se voient pas, mais même si vous ne les comprenez pas, svp, ne les jugez pas ! Vous ne pouvez pas imaginer quelle guerre la personne en face de vous est en train de mener.

La mienne touche à sa fin mais je continuerai à en parler, pour lever ce silence si pesant.
La guerrière deviendra troubadour !

7 réponses sur “Les bourreaux silencieux du corps”

  1. Époustouflant émouvant tellement réaliste.
    Les souffrances invisibles ne sont pas pour autant anodines et faciles à soigner.
    Tu t’es battue tu n’as pas abandonné.
    Tu es forte tu es un vrai roc.
    Tu peux être fière de ce que tu es 😙

    1. Merci à toi ma belle R !
      Tes mots me touchent d’autant plus venant de toi qui à mené également un combat surhumain !
      😘😘😘

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