La guerre des roses

Hello ma Cacahuète !
Cette semaine, j’ai fait une expérience jusque-là inédite, que je voulais partager
avec toi : la vie à 2 !
Tu vas comprendre de quoi je te parle !

Y a quelqu’un ?

Après avoir passé 15 jours en compagnie de pépites légèrement survoltées par le soleil de ces derniers temps, me voilà de nouveau seule à la maison.
Enfin au calme, de retour sur mon clavier, les mots s’enchaînent comme par magie, mon cerveau est en ébullition et mes oreilles sont assourdies par…. Le silence qui règne dans la maison.
Je n’ai plus l’habitude, mais qu’à cela ne tienne, mettons un peu de musique.

La douceur de la voix de H.E.R. résonne langoureusement, je me laisse porter par sa soul et je m’y remets.
Exit les cris et les bagarres ! Au loin les décibels dissonantes et vive le calme et la solitude !

Elle est bien calme cette maison tout à coup, un peu trop calme même…
Mais… mais…. Y a quelqu’un ?

Et oui !
Voilà que Monsieur Ours revient à l’improviste à la maison.
Non pas pour surveiller que je sois bien en train de travailler et non de me faire bronzer, bien que je le soupçonne d’être jaloux de mon teint doré par les balades matinales durant les vacances.
Non, voilà que mon Ours est gravement blessé par la pratique intensive de la marche forcée.

Et il n’a pas fait semblant : un genou totalement en vrac !
Façon vieux caoutchouc bon à jeter !
Résultat, moi qui espérait retrouver calme et sérénité rapidement, je me vois contrainte de partager ma bulle avec un vieil Ours ronchon.
Loin de celui qui fait ronronner les moteurs

Bon ok, j’exagère un peu, et les 2 étages à monter et descendre tiendraient de la scène de cinéma burlesque s’il n’avait pas réellement mal.
Et puis j’avoue que pour une fois que mon Rock est diminué j’abuse un peu de ma position de supériorité naturelle pour le forcer à rester captif des griffes de Pizzaïolo le chat qui squatte le lit dès notre lever.
Entre hommes à poils ils devraient se comprendre !

N’empêche que le cohabitation entre Cacahuète et Ours n’est pas aussi évidente qu’il y paraît.
Surtout lorsque l’un des 2 est en proie à de violentes douleurs dignes des pires blessures de guerre, et que l’autre est en plein désarroi face à l’absurdité d’une situation professionnelle qui s’enlise.
Le tout étant noyé dans des litres de café qui n’aident absolument pas à se détendre.

À croire qu’il ne suffit pas de passer presque 20 ans aux côtés de l’autre pour le connaître entièrement.
Surtout lorsqu’il s’agit d’un animal sauvage qui souffre, et je ne parle pas de l’Ours !

Comment ça « la Cacahuète n’est pas un animal sauvage ! » ?

Bon OK, j’ai des racines Italiennes ancrées loin en moi, et j’aime le côté théâtral de certaines situations légèrement exagérées.
Mais l’Ours est sur mon territoire ! Je défends mes frontières !

S’apprivoiser à nouveau

Tu vas me dire que la Cacahuète est légèrement amère et que Monsieur Ours ne mérite pas un tel traitement.
Mais je te rassure, il me le rend bien. C’est ce qui fait le charme de notre vieux couple après tout !

J’avais déjà entendu parlé des couples qui divorçaient une fois arrivés à la retraite mais, bien que je comprenne que de passer de « jamais ensemble » à « tout faire ensemble » puisse être compliqué, je n’avais jamais pris la mesure d’un tel phénomène.

Tu ne comprends pas ? Je t’explique !
Lorsqu’une relation démarre, tout est « tout beau tout rose », tout roule comme sur des roulettes et les petits grains de sables qui pourraient venir enrailler la machine sont balayés par le vent de la passion qui anime chacun de nous.

Mais lorsque les années passent et que des enfants viennent se greffer à l’équation déjà complexe de cette vie à courir après tout et tout le monde, le temps à 2, mais réellement seuls, n’existe quasiment plus.
Les vacances se font en famille, les week-end en amoureux étaient trop peu nombreux se font sous le signe d’un retour de libido nécessaire à la reconnexion du couple, et les problèmes du quotidien se gère entre la vaisselle du soir et la vidange de la voiture.

Alors, lorsqu’une période de vie à 2, et seulement à 2, se présente, on en arrive à redécouvrir l’autre, à devoir lui laisser une place qu’il n’occupait plus faute de temps.
Bref, on doit réapprendre à cohabiter et retrouver ce qui faisait notre singularité, notre complicité.

Et ce n’est pas aussi évident qu’il y paraît !
Dans un quotidien sans encombre, chacun sait ce qu’il a à faire et ce que fait l’autre (ou presque !).
Et personne ne se soucie plus vraiment de savoir si celui ou celle qui partage nos nuits (hors période de ronflements bien sûr !) est réellement encore sur la même longueur d’ondes ou dans les mêmes attentes que nous.

Au final, nous déroulons cette vie à 2 de façon très solitaire, chacun restant avec son idéal de l’autre.

Lorsque cette bulle est heurtée de plein fouet par un imprévu, c’est toute notre conception du couple qui vole en éclat.
Et attention aux dommages collatéraux parfois violents !

Si on ne fait pas un tant soit peu attention à la sensibilité de la personne à nos côtés, on peut vite en arriver à des confrontations dignes de la guerre froide entre USA et URSS, les missiles cubains prenant les traits des pires reproches enfouis en nous sans même qu’on s’en soit rendu compte.

Et si on signait une trêve dans cette absurdité ?
Et si on profitait de ce temps ensemble imposé par un chemin de vie qui n’a rien de hasardeux, pour se redécouvrir ?
Pour retrouver ce qui nous a plu chez l’autre, pour rire ensemble et pour construire à nouveau une route de vie à 2.

L’autre n’est pas notre ennemi qui focalise les pires reproches qu’on a envie de lui faire juste pour décharger d’une journée trop fatigante, trop longue, trop bruyante.

La vie se chargera que cette période ne dure pas indéfiniment, on aura vite fait de devoir retourner à nos activités respectives, et de se perdre à nouveau dans le dédale de nos quotidiens vampirisants.

Alors en attendant, profitons de cette pause imposée pour juste s’aimer !

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