Entretien avec les vampires !

Hello ma Cacahuète !
Comment vas-tu cette semaine ?
C’est une Miss Cacahuète toute faible qui t’écrit cette fois.
La faute à qui ? Aux vampires !

Les liens du sang

Pour bien assimiler toute la complexité de la situation, je dois t’emmener avec moi faire un voyage dans le passé, lorsque j’avais 9 ans et que je me préparais à vivre une énooooorme opération qui devait m’alléger de 8 dents de laits d’un coup ! J’en ai ruiné la petite souris !

Mais revenons-en à ce qui nous intéresse ici, à savoir les examens pré-opératoires.
Me voilà donc assise sur cette chaise de laboratoire pour ma toute 1ère prise de sang, observant tout ce qui se passe autour de moi, le garrot, la pointe de l’aiguille, mon sang qui s’écoule dans le tube, mon sang qui s’éc…. Et BLAM ! un malaise !
Je me suis sentie partir, accueillie par un beau nuage blanc et moelleux, tellement épais qu’il atténuait tous les sons autour de moi. J’avais chaud et froid en même temps.
Bref, je n’étais pas au mieux.

Ce jour-là, j’ai été ranimée (si si, c’était une réanimation en règle !) par de l’alcool de menthe sur un sucre.
Serait-ce de là qu’est né mon amour absolu pour les mojitos ? Possible !
Toujours est-il qu’à voir la tête de ma maman à mes côtés, j’ai dû bien la faire flipper !

Mais aujourd’hui je suis adulte, je fais des prises de sang 2 fois par an, je connais les gens du labo, j’y vais confiante.
Ou presque…
Un fond d’appréhension réside toujours quelque part en moi, entre l’estomac et les genoux.
Oui la zone est vaste, mais je ne sais jamais si la peur va me couper les jambes ou me donner envie de vomir…

Ce matin c’est le patron du labo qui me reçoit. Cet homme est la douceur incarnée.
Je m’installe, je ferme les yeux en me concentrant sur les 4 flacons qu’il doit prélever.
C’est peu, ça va être rapide. J’ai l’habitude.
Je sais que je suis crispée, mais j’entends un gentil « Je pique » et… je ne sens absolument rien !
Le bonheur ! Tout va bien !

3ème tube… 4ème tube…. 5ème tube ? QUOI ? 6ème tube ?
Mais pourquoi la médecin m’a-t-elle prescrit autant d’analyses ?
Ils veulent que je me vide de mon sang ici ?
La banque du sang est en manque de dons ou quoi ? Je suis là pour faire des analyses pas pour faire don de mon corps à la science !
JE SUIS TROP JEUNE POUR MOURIR ! et surtout pas en me faisant vider par des vampires agrémentés !

Je me sens partir, je vois de la lumière, mon corps devient tout mou, je vais bientôt voir mon âme quitter son enveloppe charnelle et partir vers de nouveaux horizons.
C’est trop tôt, je n’ai rien fait de ma vie encore, je ne peux….

« Voilà, c’est fini »
Ah !
J’ouvre délicatement un œil et esquisse un regard vers lui. Rien ne transparaît chez ce professionnel !
Juste beaucoup de compassion dans son regard.

Pauvre Cacahuète que je suis !
Je le remercie et file avant de montrer à quel point je me sens ridicule.
Je n’ai plus qu’à aller chercher les viennoiseries pour les Pépites et l’Ours qui m’attendent à la maison pour le petit déj’.
Ben oui, on se réconforte comme on peut !
Et puis je suis à jeun, alors après une telle épreuve, autant se faire plaisir !

De l’ombre à la lumière

Tu parles d’un exemple à suivre la Cacahuète !
Sérieusement, manquer de s’évanouir pour une prise de sang, mais t’es pas ridicule ?
Et tu veux te faire tatouer ? Mais tu tiendras jamais !
Tu vas avoir l’impression de te faire scarifier avec un scalpel rouillé !

Bon, ça suffit maintenant maudit mental qui me mine !
Ce sont des peurs qui ne s’expliquent pas, je ne contrôle pas ces sensations.

Par contre, je peux y faire face !

Les peurs sont des ombres que l’on n’ose pas affronter.
Elles gagnent du terrain sur beaucoup de plans de nos vies, et si on les laisse nous envahir, elles deviennent littéralement paralysantes, nous empêchant d’être nous-même, d’avancer dans nos vies et même de nous transcender.

Il est tellement plus facile de fermer les yeux sur ce qui nous effraye et de laisser passer le moment.
Pourtant cela ne résout pas la cause du problème, et un jour ou l’autre elles resurgiront encore plus importantes.
C’est pour cela qu’il nous faut prendre le temps de leur faire face, de comprendre où elles puisent leur origine pour les mettre en lumière et les voir disparaître, un peu à la façon théâtrale qu’on les vampires de partir en cendres dans les version Hollywoodiennes à la F.F. Coppola et autres.

Si certaines sont évidentes et ne demandent que peu d’effort pour les appréhender et les ranger aux rayons « peurs enfantines », d’autres sont beaucoup plus complexes et demandent un vrai travail sur soi.
Elles sont souvent synonymes d’un malaise bien plus profond en nous, et relèvent le plus souvent d’une blessure de l’âme, nos peurs étant leurs manifestations inconscientes.

Pour autant, il ne suffit de savoir de quelles blessures nous souffrons pour en guérir, et tous les masques que nous portons pour les cacher ne sont pas évidents à faire tomber.
Mais si nous voulons effectuer un changement profond en nous, il faut avoir le courage de se faire face, de voir que ce que nous reprochons aux autres n’est en réalité qu’un reproche que l’on se fait à soi-même, et que mettre tout cela en évidence amène un éclairage nouveau sur nos vies et nos êtres.

Une mise en lumière de nos ombres les plus profondes est véritablement nécessaire pour enfin pouvoir être alignée avec celle que nous sommes réellement.

Personnellement, je ne suis pas sûre qu’une seule vie soit suffisante pour tout régler, mais si nous nous décidons à emprunter ce chemin vers la connaissance et la pleine conscience de soi, nous pourrons enfin cesser de nous débattre contre nous-même et les peurs que nous nous provoquons.

Et de la même manière que celle qui sort de sa zone de confort découvre que la vie nous réserve bien des surprises agréables, comprendre et affronter ce qui nous terrifie nous permet de réaliser à quel point il s’agissait de projections tronquées de notre propre esprit, de ce mental mal programmé.

Bien sûr, il ne suffit pas de simplement prendre conscience de ces peurs pour qu’elles se résorbent, mais oser les affronter et chercher leur cause et la blessure qu’elles révèlent, nous fait avancer sur le chemin de leur disparition.

Personnellement, je profite de ces vacances avec les Pépites et de la passion dévorante de l’une d’elle pour travailler sur une de mes peurs.
Il se pourrait même que je remonte en selle d’ici peu…
Et pour les vampires ? J’attendrais que Keanu Reeves himself rejoigne l’équipe du labo pour me laisser vampiriser le plus sereinement du monde !

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